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Le coup dur !
A chaque nouvelle année, vient son lot d'épreuves !

Pour Kévin, l'année 2007 aura été éprouvante !

Nous avions consulté un orthopédiste au CHU de Rouen. Le chirurgien nous avait proposé d'opérer Kévin qui avait une luxation congénitale des deux hanches. Selon ce praticien, il s'agissait d'une intervention qui ne posait pas de problèmes, une intervention bien rodée que maitrisait bien la profession.


Une opération banale

C'est ainsi que le 19 août 2007, Kévin était hospitalisé pour subir une ostéotomie des deux hanches avec une greffe sur la hanche gauche. Cela consistait à couper les deux têtes du fémur pour leur donner un angle permettant de bien "s'accrocher" au bassin.

Kévin partait du bloc à 8 heures 30, l'intervention se voulait longue. Le chirurgien nous téléphonait à 11 heures 30 pour nous dire que tout s'était bien passé et que notre fils regagnait la salle de réveil. Nous regagnions alors la chambre dans l'attente de son retour.

16 heures : toujours personne. Sa maman demandait sans cesse des nouvelles et on lui répondait que tout allait bien. La salle de réveil fermant à 16 heures 30, de toute manière, il allait remonté lui répondait-on. Il remontait pour se rendre en réanimation et y restait 9 jours !

Durant son séjour en réanimation, il a fait deux comas.

Kévin rentrait après 12 jours d'hospitalisation à la maison, platré de la poitrine jusqu'aux orteils. Même platré, il souffrait. Nous ne comprenions pas. Il gémissait la nuit et le chirurgien disait que cela allait passer, que c'était l'immobilisation la responsable.


Le début des ennuis

Après 6 semaines de platre, on lui retirait. Il souffrait toujours et le chirurgien disait alors que c'était musculaire et qu'il fallait lui mobiliser les articulations. Il faisait ses rééducations au Centre de Rééducation Fonctionnelle de Bois Guillaume et malgré tous ces spécialistes, personne n'a perçu le problème.

9 mois après l'intervention, nous demandions les radios de Kévin. En les observant et sans aucune formation, nous étions face à un constat flagrant la broche de la jambe gauche avait bougé d'un centimètre.

Le chirurgien ne trouvait pas de mots pour expliquer qu'il n'avait pas vu cela. C'était déjà visible sur une radio faite 6 mois avant ! Il nous disait alors qu'il fallait l'opérer trés rapidement. Il consultait son planning et nous disait : "la semaine prochaine, je ne peux pas, je suis en vacances, mais on programme ça le mardi suivant".


Le pot de terre contre le pot de fer

La semaine suivante, nous attendions le rendez-vous d'anesthésie et ne voyant rien venir, nous prenions contact avec la secrétaire du Professeur qui nous disait faire le nécessaire. On nous rappelait pour nous dire que l'intervention était reportée. Là, je me mettais dans une colère noire disant qu'on avait laissé souffrir mon fils 9 mois et que je refusais de le voir souffrir une semaine de plus. On me répondait qu'on pouvait augmenter la morphine ! J'exigeais que l'on opére mon fils et j'appris à mes dépends que l'on exige rien dans  ce milieu. La secrétaire me rappelait, me questionnant et me posant cette question "donc si je comprends bien, vous ne faites plus confiance au professeur". Je répondais "après ce qu'il s'est passé, comment voulez-vous que l'on ait confiance ?". Je ne pensais pas alors me faire piéger, naïf que j'étais. Je recevais quelques jours plus tard un fax du professeur me disant que j'avais eu un comportement inacceptable et que comme le prévoyait la loi, la relation de confiance entre le patient et le médecin étant rompu, il n'acceptait plus de s'occuper de Kévin, sauf si je lui  faisais des excuses motivées. Il m'adressait à des confrères qui le plus proche se trouvait à 250 km de mon domicile. Je me renseignais alors sur Paris et tout se compliquait. On me parlait de tout reprendre à zéro, et de l'opérer dans un ou deux mois. J'avais le choix entre laisser souffrir mon fils encore de longues semaines et ravaler mon amour propre. J'ai donc fait des excuses motivées et deux semaines après, mon fils était opéré.


La deuxième opération

Des prélèvements sur l'os étaient effectués et envoyés au laboratoire. Après quelques jours, nous apprenions qu'il y avait un staphylocoque dans l'os. Une antibiothérapie était prodiguée, cinq jours en bithérapie et de 6 mois en monothérapie (Dalacin).

Kévin rentrait à la maison après 13 jours d'hospitalisation dont 11 en réanimation.

Déplatré après 2 mois, Kévin suivant une rééducation progressive. Au bout de quelques mois, il commencait à remarcher ... enfin. Nos espoirs de le revoir marcher renaissaient de leurs cendres !!!


Le coup de grâce

Fin novembre 2008, la plaque posée dans sa hanche se cassait. Incompréhension totale de notre part et de celle du chirurgien qui ne croyait pas cela possible. Ce mal qui en fait, sous un certain aspect, est un bien, nous tombait brutalement dessus, mettant à bas notre optimiste.

Réopéré le 27 novembre 2008, en urgence, l'opération qui devait durer initialement 2 heures dura 6 heures. La plaque était changée et des prélèvements faits. On nous apprenait alors que non seulement le germe initial était toujours présent, mais qu'il avait muté. Donc, nous étions en présence de deux staphylocoques. L'antibiogramme ne laissait place qu'à une seule thérapie, Rifadine par voie orale et vancomycine par intraveineuse. On nous expliquait que nous n'avions pas d'autres options et qu'il fallait traiter ces germes en bithérapie pour éviter qu'ils ne remutent à nouveau. Kévin n'ayant plus de veines, mais plus que des hématomes aux bras et aux mains, et vue la durée du traitement, évaluée sur plusieurs mois, il fallut lui poser un cathéter par voie centrale avec une chambre implantable au niveau de la poitrine.

Kévin ne put regagner sa maison que par une hospitalisation à domicile. En effet, l'antibiotique par voie centrale est en continue, 24 heures sur 24.

Le traitement a été prolongé jusqu'au 31 mars 2009 et une nouvelle intervention est prévue le 7 avril.









  
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